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Que faire après un cambriolage ? Les réflexes à avoir

Cambriolage : les démarches à faire dans l'heure (police, plainte, assurance) et comment sécuriser votre logement pour éviter que ça recommence.

Porte d'entrée forcée avec cadre endommagé après un cambriolage

Vous rentrez chez vous. La porte est forcée, un tiroir traîne au sol : c'est le choc. Que faire après un cambriolage, dans l'heure qui suit ? Trois priorités : votre sécurité d'abord, l'appel aux forces de l'ordre ensuite, puis la préservation des indices avant que quiconque ne touche à quoi que ce soit. Viennent après une série de démarches (plainte, assurance, opposition bancaire) à enchaîner dans un ordre précis, sous des délais qui ne pardonnent pas toujours. On vous détaille chaque étape, avec les vrais délais et les vrais numéros à composer.

Les premiers réflexes juste après la découverte

Ne touchez à rien avant l'arrivée des forces de l'ordre. C'est la règle numéro un. Et elle est souvent ignorée par réflexe : on range, on nettoie, on referme la porte. Or chaque objet déplacé, chaque poignée essuyée, c'est une empreinte en moins pour l'enquête, une trace de sciage effacée pour rien.

Que faire en cas d'intrusion chez soi si vous rentrez pendant les faits ? Votre sécurité passe avant l'inventaire des dégâts. Si la porte est encore entrouverte, ou qu'un bruit suspect vient de l'intérieur, restez dehors. Un intrus peut encore être présent. Ce n'est pas à vous de vérifier. On pense souvent, à tort, que le cambrioleur est reparti dès qu'on arrive. Un cambriolage avec présence (l'occupant surprend l'intrus, ou l'inverse) reste rare. Mais il change tout : sortez, éloignez-vous, et appelez.

Composez le 17 (police ou gendarmerie) ou le 112 depuis un mobile, celui qui fonctionne même sans réseau chez certains opérateurs. Décrivez ce que vous voyez sans entrer : porte forcée, fenêtre brisée, désordre visible depuis le seuil. Les agents viennent constater sur place. Selon les cas, la police technique et scientifique se déplace aussi pour un relevé d'empreintes. Attention : cette intervention ne se déclenche pas systématiquement, elle dépend du contexte local et de la gravité constatée.

Porter plainte : démarches et délais

Aucun délai légal strict n'encadre le dépôt de plainte après un cambriolage : vous pouvez le faire à tout moment. En revanche, presque tous les assureurs demandent un dépôt rapide, généralement sous 48 heures, pour accompagner votre déclaration de sinistre. D'où l'intérêt de ne pas traîner, même sans obligation légale.

Deux options s'offrent à vous. La pré-plainte en ligne (sur pre-plainte-en-ligne.gouv.fr, accessible depuis votre canapé) permet de remplir le formulaire chez vous, puis d'obtenir un rendez-vous au commissariat ou à la brigade de gendarmerie pour signer et finaliser. Ça évite l'attente au guichet, pas le passage physique. Seconde option, plus rare pour un cambriolage classique : le courrier adressé directement au procureur de la République.

Sur place, un officier de police judiciaire enregistre votre déclaration : biens volés, mode opératoire supposé, dégâts constatés. Vous repartez avec un récépissé. C'est celui que votre assureur va vous demander. Que fait la police en cas de cambriolage, concrètement ? Elle constate, recueille les indices disponibles, transmet le dossier au parquet. Les taux d'élucidation restent bas sur ce type de délit : l'essentiel du travail se joue en amont, côté prévention. La plainte reste nécessaire pour l'indemnisation, quoi qu'il en soit.

Prévenir votre assurance habitation

Vous disposez généralement de 2 jours ouvrés pour déclarer un vol à votre assureur, contre 5 jours ouvrés pour la plupart des autres sinistres. Ce délai plancher pour le vol est encadré par le Code des assurances. Mais le chiffre exact et les modalités varient d'un contrat à l'autre : vérifiez vos conditions générales avant de vous fier à un délai unique trouvé en ligne.

Avant d'appeler votre assureur, montez un dossier solide. Photographiez le point d'effraction (serrure forcée, fenêtre brisée), les pièces dans l'état où vous les avez trouvées. Gardez aussi toute trace écrite (SMS, mail) échangée ce jour-là. C'est souvent le manque de photos datées, prises avant tout rangement, qui complique l'expertise et retarde le remboursement.

Si le montant estimé des dégâts dépasse un certain seuil (fixé par votre contrat, autour de 1 500 à 2 000 euros HT chez plusieurs assureurs, à vérifier au cas par cas), l'assureur peut mandater un expert. Comptez alors plusieurs semaines de délai supplémentaire. Propriétaire ou locataire, la couverture change aussi : le premier assure généralement le bâti, le second son mobilier via la garantie habitation classique. Aucune promesse d'indemnisation à 100% n'existe. La franchise s'applique presque toujours, et certains biens (espèces, bijoux au-delà d'un plafond) restent plafonnés dans le contrat.

Faire opposition sur vos moyens de paiement et papiers

Faites opposition sur vos cartes bancaires dès que vous constatez leur disparition. N'attendez pas le dépôt de plainte. Le numéro national d'opposition interbancaire, le 0 892 705 705, fonctionne 24h/24 et couvre la plupart des banques françaises.

Pensez aussi aux chéquiers volés (opposition directement auprès de votre banque, en général par téléphone) et aux papiers d'identité. Une carte d'identité, un passeport ou une carte grise disparus se déclarent en mairie ou en préfecture, récépissé de plainte à l'appui. Mieux vaut faire ces démarches le jour même. Un papier volé peut servir à une usurpation d'identité. Et plus vous attendez, plus la fenêtre de risque s'allonge.

Lister précisément les objets volés

Un inventaire daté et précis, factures ou photos à l'appui quand vous les avez, forme la base de votre indemnisation. Sans preuve d'achat, une estimation cohérente (marque, âge approximatif, état) reste acceptée par la plupart des assureurs. Elle pèse simplement moins lourd dans la négociation.

Pour l'électronique (ordinateur, smartphone, console, et même la trottinette électrique remisée dans l'entrée), notez les numéros de série si vous les avez conservés : souvent sur la boîte d'origine, ou dans votre espace client du fabricant. Ça ne garantit rien. Mais ça aide parfois la police à recouper un objet retrouvé lors d'une autre enquête. Petit conseil qui coûte cinq minutes et rapporte gros le jour où vous en avez besoin : photographiez vos objets de valeur maintenant, avant qu'un cambriolage ne vous y oblige dans l'urgence.

Sécuriser votre logement pour éviter une récidive

Selon le bilan statistique « Insécurité et délinquance en 2025 » du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI, interieur.gouv.fr), la France a enregistré 211 596 cambriolages de logements en 2025, soit environ 580 par jour (un chiffre en baisse de 3% par rapport à 2024, mais qui reste élevé). Un logement déjà visé n'est pas à l'abri d'une nouvelle tentative. Le risque grimpe surtout dans deux cas : le cambrioleur a été interrompu avant d'emporter ce qu'il avait repéré, ou le point faible (serrure fragile, absence de dispositif visible) n'a pas changé entre-temps. Rien d'universel là-dedans. Mais changer ce qui a cédé reste la première urgence.

Remplacez en priorité la serrure forcée. Visez une certification NF A2P (délivrée par le CNPP) plutôt qu'un modèle bas de gamme. Trois niveaux existent : A2P* pour 5 minutes de résistance à l'effraction, A2P** pour 10 minutes, A2P*** pour 15 minutes, le niveau le plus dissuasif. Chaque minute gagnée compte (le temps que met un cambrioleur à abandonner s'il est retardé) : la plupart des cambriolages de logement se font en moins de dix minutes.

Au-delà de la serrure, trois familles d'équipements se complètent : l'alarme, la caméra de surveillance et la serrure connectée. Voici où elles se distinguent vraiment.

CritèreAlarmeCaméra de surveillanceSerrure connectée
Portée capteurs8 à 15 m par détecteur de mouvementChamp de vision 90° à 130°, portée nocturne 5 à 10 mSans objet (accès uniquement)
Autonomie batterie1 à 3 ans (piles) selon le modèleSur secteur, ou 2 à 6 mois pour une caméra de surveillance sans fil sur batterie6 à 12 mois
Sirène100 à 110 dBSirène dissuasive intégrée sur certains modèles, 80 à 100 dBAucune
App mobileOui, alertes en temps réelOui, pour piloter votre caméra depuis votre téléphoneOui, ouverture à distance
AbonnementSans abonnement pour les kits autonomes, avec abonnement pour la télésurveillanceSans abonnement en stockage local (carte SD), avec abonnement pour le cloudGénéralement sans abonnement

Côté budget [à vérifier, fourchettes à recouper sur les fiches marchands au moment de la publication] : un kit alarme sans abonnement démarre autour de 150 à 200 euros. Une caméra correcte se trouve entre 60 et 150 euros. Une serrure connectée coûte entre 150 et 300 euros, pose comprise. Aucun de ces équipements n'empêche un cambriolage à 100%. Ils réduisent le risque et gagnent du temps, ce qui suffit souvent à décourager un cambrioleur pressé.

Deux dispositifs gratuits méritent d'être connus avant même d'investir. L'Opération Tranquillité Vacances (OTV, à demander en commissariat ou gendarmerie avant un départ) fait passer des patrouilles devant chez vous en votre absence. Les référents sûreté de la police et de la gendarmerie, eux, se déplacent gratuitement pour un diagnostic de vulnérabilité de votre logement, sur demande via masecurite.interieur.gouv.fr. Utile avant un départ prolongé : notre guide pour sécuriser votre logement en votre absence détaille la marche à suivre.

Vivre après un cambriolage : reprendre ses repères

Le sentiment d'insécurité après un cambriolage est normal (même quand rien de grave, matériellement, n'a disparu). Il s'estompe avec le temps chez la grande majorité des victimes. La peur de cambriolage la nuit, celle qui fait tendre l'oreille au moindre craquement, touche presque tout le monde dans les premières semaines. Ce n'est pas un signe de fragilité. C'est une réaction attendue face à une intrusion dans un espace censé être sûr.

Ce qui aide concrètement, ce n'est pas d'attendre que la peur passe toute seule. C'est d'agir : sécuriser ce qui doit l'être, suivre l'avancement de la plainte, reprendre le contrôle par des gestes concrets plutôt que par la rumination. Certains optent aussi pour une alarme connectée bien visible (le voyant qui clignote près de la porte suffit parfois à rassurer), moins pour l'efficacité pure que pour le repère psychologique qu'elle donne au quotidien. Ce n'est pas un raccourci miracle... mais ça aide beaucoup, à retrouver le sommeil.

FAQ

Que faire immédiatement après avoir découvert un cambriolage ?

Ne touchez à rien, restez à l'extérieur si un intrus peut encore être présent, et appelez le 17 ou le 112. Attendez les forces de l'ordre sur place avant de ranger quoi que ce soit, pour préserver les indices en vue de l'enquête.

Quel est le délai pour porter plainte suite à un cambriolage ?

Aucune loi n'impose de délai strict. En pratique, mieux vaut le faire sous 48 heures : c'est le délai que la plupart des assureurs réclament pour instruire votre dossier de sinistre.

Les cambrioleurs reviennent-ils après une tentative de cambriolage ?

Une nouvelle tentative reste possible, surtout si l'intrusion a été interrompue avant que les biens repérés soient emportés, ou si le point faible (serrure, accès) n'a pas été changé. Remplacer la serrure et ajouter un dispositif visible réduit ce risque.

Que faire en cas de tentative de cambriolage (sans effraction réussie) ?

Signalez-le quand même à la police, même sans vol constaté. Un dépôt de plainte ou une main courante documente le passage d'un intrus et peut orienter une patrouille des référents sûreté. Vérifiez aussi vos accès (fenêtre forcée, serrure abîmée) avant de les considérer comme sûrs.

Quand faut-il prévenir son assurance habitation ?

Dans les 2 jours ouvrés suivant la découverte, selon le délai fixé par la plupart des contrats pour un vol. Vérifiez le délai exact indiqué dans vos conditions générales : il varie d'un assureur à l'autre.

En résumé

L'ordre compte autant que les gestes eux-mêmes. Sécurité d'abord, police ensuite, assurance et opposition bancaire dans la foulée. Puis sécurisation du logement, pour éviter que ça recommence. Aucun système ne rend un logement invulnérable. Mais une serrure NF A2P, une alarme et une caméra bien choisies compliquent sérieusement la tâche d'un cambrioleur pressé. Et si la peur reste là quelques nuits, elle finit par s'effacer : surtout quand elle s'accompagne d'actions concrètes plutôt que d'une attente passive.